Beaucoup de futurs résidents ne découvrent qu'après leur installation que la République de Maurice est un État multi-insulaire : à côté de l'île principale, elle englobe l'île autonome de Rodrigues, les dépendances éloignées d'Agalega et de Saint Brandon, une vingtaine d'îlots protégés autour du littoral, et l'archipel des Chagos, dont l'histoire reste un chapitre encore ouvert de l'actualité mauricienne. Pour l'histoire de l'île principale, voir le guide Histoire de l'île.
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Rodrigues, l'île sœur autonome
À environ 560 km à l'est de Maurice (1h30 de vol), Rodrigues est la plus grande et la plus peuplée des dépendances mauriciennes : 108 km², environ 44 000 habitants, et depuis 2002 le statut d'île autonome au sein de la République, avec sa propre Assemblée régionale. On y visite la Réserve François Leguat, où déambulent en semi-liberté environ 2 000 tortues géantes, la Réserve naturelle de Grande Montagne, refuge des dernières espèces endémiques de l'île, et Trou d'Argent, l'une des plus belles plages de l'océan Indien.
Les îlots protégés autour de l'île principale
Au large du nord se serrent une demi-douzaine d'îlots au statut très contrasté : Coin de Mire, réserve naturelle inaccessible que l'on n'admire qu'au large ; Île Plate, ancienne station de quarantaine pour le choléra (1856-1930) qui inspira le roman La Quarantaine de J.M.G. Le Clézio, aujourd'hui ouverte à l'excursion ; et Île Ronde et Île aux Serpents, deux des réserves naturelles les plus précieuses au monde pour la conservation, strictement fermées au public. À l'est, l'Île aux Cerfs reste l'excursion la plus prisée de l'île, tandis que l'Île aux Aigrettes, sanctuaire du pigeon rose, et l'Île de la Passe, théâtre de la bataille navale de Grand Port (1810), se visitent sur réservation.
Agalega et Saint Brandon, les dépendances lointaines
Agalega, à un millier de kilomètres au nord, est peuplée d'environ 330 habitants d'ascendance créole mauricienne. Une piste de plus de 3 km et deux jetées, construites avec un financement indien entre 2019 et 2024, ont suscité des interrogations dans la presse internationale sur un possible usage militaire — que le gouvernement mauricien dément, présentant ces infrastructures comme civiles. Saint Brandon, atoll de pêcheurs à 430 km au nord-est, n'accueille aucun tourisme de masse : seuls des camps de pêche sportive y sont autorisés, dans le respect de règles strictes de protection des oiseaux et des tortues marines.
L'archipel des Chagos : un dossier toujours ouvert
Revendiqué par la France en 1715 et peuplé à partir des années 1780, détaché de Maurice par le Royaume-Uni en 1965 pour y installer une base militaire avec les États-Unis, l'archipel des Chagos a vu sa population chagossienne déportée entre 1968 et 1973, par des moyens que la justice britannique elle-même a ensuite qualifiés d'illégaux. En 2019, la Cour internationale de Justice a jugé que ce détachement n'était pas fondé sur un consentement libre, et l'ONU a demandé le retrait britannique. Un accord de principe reconnaissant la souveraineté mauricienne a été annoncé en 2024 et signé en 2025, mais sa ratification est aujourd'hui suspendue — un dossier qui évolue vite et se vérifie auprès de sources d'actualité récentes.