🔄 Dernière mise à jour : 28 octobre 2026
Cap Malheureux, Curepipe, Flic en Flac, Pamplemousses, Quatre Bornes… Les noms de l'île Maurice intriguent souvent les nouveaux venus. Ils racontent pourtant toute son histoire : les marins portugais, les Hollandais qui ont donné son nom à l'île, les Français qui ont baptisé la plupart des villages, puis les Anglais. Beaucoup de noms viennent aussi d'un arbre, d'un propriétaire ou d'un simple détail du paysage. Voici les plus connus, avec leur explication. Quand l'origine n'est pas sûre, nous le disons.
📌 L'essentiel
- 🇳🇱 Maurice vient du prince hollandais Maurice de Nassau : l'île a été baptisée « Mauritius » en 1598.
- ⛪ Cap Malheureux veut dire « le cap de la malchance ». On l'explique par les naufrages sur ses récifs et par le débarquement anglais de 1810, qui a fait perdre l'île aux Français. Son église au toit rouge s'appelle Notre-Dame Auxiliatrice.
- 👑 Plusieurs villes portent le nom d'un roi ou d'un gouverneur : Port-Louis (le roi Louis XV), Mahébourg (Mahé de Labourdonnais), Souillac (le vicomte de Souillac).
- 🌳 D'autres viennent d'une plante : Pamplemousses, Moka (le café), Vacoas, Tamarin.
- ❓ Pour certains noms, comme Curepipe ou Cap Malheureux, il existe plusieurs explications et personne ne peut trancher avec certitude.
⛪ Cap Malheureux : pourquoi « malheureux » ?
Le Cap Malheureux est la pointe la plus au nord de l'île, face au Coin de Mire et aux îlots du nord. Son nom veut dire « le cap de la malchance ». Deux explications circulent, et elles se complètent sans doute :
- Les naufrages. Le récif et les courants de cette pointe ont fait couler de nombreux navires au fil des siècles. Pour les marins, c'était un cap dangereux.
- Le débarquement anglais de 1810. Fin novembre 1810, environ 7 000 soldats britanniques débarquent sur la côte nord, du côté de Cap Malheureux et de Grand Baie. Quelques jours plus tard, début décembre, l'Isle de France capitule. Pour les Français, c'est le cap du malheur : celui où ils ont perdu l'île.
Ce qui est sûr : le nom a été donné à l'époque française (1715-1810). L'explication par 1810 est la plus racontée sur place, mais elle n'est pas prouvée, car le nom pourrait être plus ancien que le débarquement.

L'église au toit rouge : Notre-Dame Auxiliatrice
Son nom : la chapelle Notre-Dame Auxiliatrice (« Notre-Dame qui aide »), un titre de la Vierge Marie, protectrice des chrétiens. On l'appelle aussi « l'église des pêcheurs » ou « la petite église rouge ».
Son histoire : la plupart des guides la datent de 1938. Une autre source parle d'une première construction en 1870 et d'une paroisse créée en 1938. Nous n'avons pas trouvé de document officiel du diocèse pour trancher.
À voir : son toit rouge vif face au lagon et au Coin de Mire, l'une des vues les plus photographiées de Maurice. C'est une église vivante : la messe y est célébrée le dimanche matin.
Contact : route côtière, Cap Malheureux (nord de l'île) · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés.
🏝️ Le nom de l'île : de Dina Arobi à Maurice
- Dina Arobi : c'est le nom que portent les cartes arabes et la carte portugaise de Cantino (1502). Les marins arabes connaissaient l'île, sans y vivre.
- Cirne : les premières cartes portugaises l'appellent « Ilha do Cirne ». Ce serait une faute de copie de Cisne (« cygne »), le nom d'un navire portugais.
- Mauritius : en 1598, l'amiral hollandais Wybrand Van Warwyck débarque à Grand Port et baptise l'île en l'honneur du prince Maurice de Nassau, qui dirigeait alors les Provinces-Unies (les Pays-Bas).
- Isle de France : les Français, maîtres de l'île de 1715 à 1810, la rebaptisent comme la région de Paris.
- Maurice : les Britanniques, qui prennent l'île en 1810 (traité de Paris de 1814), lui redonnent son nom hollandais. En créole, on dit Moris.
Pour toute l'histoire : l'histoire de l'île Maurice.
👑 Des rois, des gouverneurs et des propriétaires
- Port-Louis : les Hollandais l'appelaient le « port du Nord-Ouest ». Le gouverneur français Mahé de Labourdonnais en fait la capitale dans les années 1730 et la nomme en l'honneur du roi Louis XV.
- Mahébourg : la ville de Grand Port, développée vers 1806, porte le nom de Bertrand-François Mahé de Labourdonnais, le plus célèbre gouverneur de l'Isle de France.
- Souillac : le nom du vicomte de Souillac, gouverneur de 1779 à 1787. Un ordre royal du 1er janvier 1787 crée « Port Souillac », en remerciement de son travail pour ce port du sud.
- Chamarel : le nom de deux frères français, Toussaint-Antoine et Charles-Antoine de Chazal de Chamarel, nés sur l'île en 1770 et 1772, qui possédaient ces terres.
- Mont Pieter Both : la deuxième montagne de l'île, avec sa boule en équilibre au sommet, porte le nom de Pieter Both, premier gouverneur général des Indes néerlandaises. Il s'est noyé le 6 mars 1615 lors du naufrage de ses navires à Flic en Flac.
- Rodrigues : l'île sœur porte depuis 1528 le nom du navigateur portugais Diogo Rodrigues. Voir notre page Rodrigues.
🌳 Des arbres et des plantes
- Pamplemousses : les Français ont nommé ce lieu ainsi à cause des nombreux pamplemoussiers qui y poussaient. C'est là que se trouve le célèbre jardin botanique.
- Moka : le nom vient du café moka, venu de la région de Moka (Mocha, au Yémen). Les Français l'ont cultivé ici au début de leur occupation, puis cette culture a été abandonnée au XIXe siècle. Voir notre page Moka.
- Vacoas : le vacoa est le pandanus, un arbre aux longues feuilles dont on tressait autrefois paniers et nattes.
- Tamarin : le tamarinier, arbre aux gousses acidulées très utilisées dans la cuisine mauricienne.
🧭 Des noms qui décrivent le lieu
- Flic en Flac : le nom le plus étonnant de l'île viendrait du vieux néerlandais Fried Landt Flaak, « terre plate et libre ». Il décrit bien la grande plaine côtière et sa longue plage.
- Quatre Bornes : les quatre bornes qui marquaient la limite de quatre grandes propriétés sucrières.
- Trou d'Eau Douce : un trou d'eau douce, c'est-à-dire une source où les marins venaient remplir leurs tonneaux. Le « vrai » trou, en pierre, existe toujours près du bureau des garde-côtes.
- Rose-Hill : selon la tradition, à cause de la montagne du Corps de Garde, qui prend une couleur rose au coucher du soleil.
- Grand Port : simplement « le grand port », la grande baie du sud-est où les Hollandais ont débarqué en 1598.
- Rivière Noire : sans doute à cause de son lit sombre, que le courant lent laisse bien visible.
- Le Pouce : la montagne qui domine Port-Louis a la forme d'un pouce levé.
- Pailles : ce village fournissait la paille et le fourrage pour les chevaux de la capitale.
❓ Les noms qui gardent leur mystère
- Curepipe : deux explications. La plus connue : les voyageurs et les soldats qui faisaient la route entre Port-Louis et Grand Port s'y arrêtaient pour « curer » et rebourrer leur pipe. D'autres historiens pensent plutôt au nom d'un propriétaire du XVIIIe siècle. La ville est surnommée « la Ville Lumière ».
- Cap Malheureux : naufrages ou défaite de 1810 ? Voir plus haut.
📖 Petit lexique pour lire une carte de Maurice
- Morne : une montagne isolée, un mot du français des îles (on le retrouve aux Antilles). Exemple : le Morne Brabant.
- Piton : un sommet pointu. Le Piton de la Petite Rivière Noire est le point le plus haut de l'île (828 m).
- Trou : un creux, une cuvette ou un cratère, comme le Trou aux Cerfs à Curepipe.
- Cap et pointe : une avancée de terre dans la mer (Cap Malheureux, Pointe aux Canonniers).
- Baie et anse : une côte creusée, souvent bien abritée (Grand Baie, Baie du Cap).
- Plaine : un plateau ou une étendue plate (Plaines Wilhems, Plaine Champagne).
- Camp : souvent un ancien campement, de soldats, de travailleurs ou de pêcheurs (Camp des Lascars, Camp de Masque).
Vous connaissez l'histoire d'un autre nom ? Écrivez-nous depuis la page contact, nous la vérifierons avant de l'ajouter.
📚 Sources
- Conseil de district de Moka : origine du nom Moka
- Encyclopédie Britannica : Quatre Bornes
- Expat.com : comment les villes et villages de Maurice ont été nommés
- Belombrepedia : la famille de Chazal de Chamarel
- L'Express Property : Pamplemousses, berceau de l'histoire mauricienne
- Vintage Mauritius : les vieilles églises de Maurice
- Wikipédia (en anglais) : Cap Malheureux, Maurice, Port-Louis, Curepipe, Flic en Flac, Pieter Both et Rodrigues
- Photos : Île Maurice Retraite.